Réflexions diurnes

Réflexions diurnes d'un citoyen engagé et trop fatigué pour méditer la nuit.

En finir avec le contrôle au faciès : pour l’instauration du récépissé de contrôle d’identité

La question des contrôles d’identité en France est un sujet brûlant depuis des décennies. Pourtant, le problème demeure irrésolu, malgré les nombreuses alertes des citoyens, des associations et des instances internationales. Aujourd’hui, il est temps de poser un acte fort pour restaurer la confiance entre la police et la population : instaurer un récépissé pour chaque contrôle d’identité.

Une pratique discriminatoire largement documentée

Les contrôles d’identité sont censés être un outil au service de la sécurité publique. En pratique, ils s’avèrent souvent discriminatoires. Une étude menée par le CNRS et l’Open Society Justice Initiative en 2009 a révélé que les personnes perçues comme noires ou arabes étaient 6 à 8 fois plus susceptibles d’être contrôlées que les autres. Plus récemment, en 2021, le Défenseur des droits, Claire Hédon, a rappelé que ces contrôles au faciès étaient une réalité incontestable en France, contribuant à renforcer un sentiment d’injustice et d’exclusion chez les populations concernées.

Une atteinte à la dignité et à la confiance citoyenne

Ces pratiques ont des conséquences profondes. Pour les jeunes, notamment dans les quartiers populaires, être contrôlé de manière répétée et injustifiée peut être une expérience humiliante et traumatisante. Elles participent à l’érosion de la confiance envers les institutions, notamment la police. Selon une enquête de l’IFOP pour l’Institut Montaigne (2020), seulement 29 % des jeunes issus des minorités visibles disent avoir confiance en la police, contre 61 % pour le reste de la population.

Le récépissé : un outil simple et efficace

Face à ce constat, le récépissé de contrôle d’identité s’impose comme une solution pragmatique. En fournissant une preuve écrite pour chaque contrôle, cet outil permettrait de lutter contre les discriminations en introduisant plus de transparence et de responsabilité dans les pratiques policières. Une telle mesure a déjà été adoptée avec succès dans d’autres pays comme l’Espagne et le Royaume-Uni, où elle a contribué à réduire les contrôles abusifs et à améliorer les relations entre la police et les citoyens.

Une volonté politique qui manque encore

Malgré les appels répétés, la mise en place d’un récépissé continue de se heurter à des réticences politiques et syndicales. Les opposants avancent des arguments tels que la lourdeur administrative ou la crainte d’une baisse d’efficacité des forces de l’ordre. Pourtant, ces objections ne résistent pas à l’analyse. L’instauration d’un récépissé ne signifie pas un frein à l’action policière, mais une réorientation vers des pratiques plus respectueuses des droits fondamentaux.

Restaurer l’état de droit

Le récépissé de contrôle d’identité n’est pas une option : il est une nécessité pour une société plus juste et égalitaire. En le mettant en place, la France ferait un pas significatif vers l’éradication des discriminations systémiques, en réaffirmant son attachement aux principes d’égalité et de dignité humaine. C’est une mesure attendue, nécessaire et qui ne peut plus être retardée.

Laisser un commentaire